04 mars 2026 - 187 vues
À peine nommé, déjà sur le départ. Le directeur du centre hospitalier Louis-Constant Fleming de Saint-Martin, Sébastien Galleyn, se trouve au cœur d’une affaire qui pourrait se solder par sa révocation de la fonction publique hospitalière. En cause : des propos à caractère raciste publiés sur un réseau social, jugés incompatibles avec les exigences d’exemplarité et de neutralité attachées à ses fonctions.
Le conseil de discipline du Centre national de gestion (CNG) de la fonction publique hospitalière s’est prononcé en faveur de sa révocation, la sanction la plus lourde prévue pour un fonctionnaire d’État. Si cette recommandation est suivie, l’intéressé perdra son statut ainsi que son poste de directeur.
Des propos racistes incompatibles avec le service public
L’affaire trouve son origine dans un commentaire publié plusieurs mois avant sa prise de fonction, mais signé de son nom et mentionnant sa qualité de directeur hospitalier. Dans ce message diffusé sur le réseau social LinkedIn, l’auteur affirmait notamment que :
« Ce n’est pas l’immigration qui pose problème (…) L’immigration qui pose problème est celle venue d’Afrique, d’Afrique du Nord et en général des pays musulmans. »
Ces propos ont suscité une vive indignation dès leur révélation, tant au sein de la population que dans les institutions locales. Dans un territoire ultramarin marqué par la diversité de ses habitants et de ses soignants, beaucoup y ont vu des déclarations racistes et discriminatoires, en contradiction directe avec les valeurs fondamentales du service public hospitalier : égalité, neutralité et respect de tous les patients.
Une réaction immédiate des autorités
Alertée par la circulation de captures d’écran du message, l’Agence régionale de santé (ARS) Guadeloupe, Saint-Barthélemy et Saint-Martin a rapidement réagi. Dans un communiqué, elle a qualifié les propos du directeur d’« inacceptables » et confirmé qu’ils avaient bien été publiés par l’intéressé.
L’ARS a transmis l’ensemble des éléments au Centre national de gestion, estimant que ces déclarations constituaient un manquement au devoir de réserve ainsi qu’aux obligations de dignité, d’impartialité et de probité auxquelles sont soumis les fonctionnaires hospitaliers.
Dans le même temps, un signalement au procureur de la République a été effectué au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale, qui oblige les autorités publiques à informer la justice lorsqu’elles ont connaissance de faits susceptibles de constituer une infraction.
Une révocation probable
Réuni le 17 février, le conseil de discipline du CNG a rendu un avis majoritaire en faveur de la révocation de Sébastien Galleyn. Cette sanction, si elle est confirmée, entraînera sa radiation de la fonction publique hospitalière.
Pour l’heure, la décision définitive n’a pas encore été exécutée, le directeur étant actuellement en arrêt maladie. Le droit du travail interdit en effet à l’administration de mettre fin aux fonctions d’un agent pendant un arrêt pour raison médicale.
Un hôpital fragilisé par l’instabilité
En attendant l’issue de la procédure, la direction de l’hôpital est assurée par intérim par Bruno Carrière, ancien directeur général de la centrale d’achat hospitalière Uniha.
Cette nouvelle période d’incertitude intervient alors que l’établissement fait déjà face à de nombreux défis organisationnels et humains. Les soignants, confrontés à des conditions de travail difficiles et à des besoins de recrutement importants, espèrent désormais un retour rapide à une gouvernance stable.
L’exigence d’exemplarité
L’affaire dépasse désormais le seul cadre de l’établissement. Elle rappelle que les responsables du service public, et plus encore ceux chargés de diriger des institutions de santé, doivent incarner des valeurs de respect, d’égalité et de non-discrimination.
Dans une société diverse comme celle de Saint-Martin, où l’hôpital accueille chaque jour des patients d’origines multiples, la lutte contre le racisme n’est pas seulement un principe moral : elle constitue une condition essentielle à la confiance entre les citoyens et les institutions.
La décision finale du CNG est désormais attendue. Mais une chose est déjà claire : dans le service public hospitalier, le racisme n’a pas sa place.





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