Gaza : la famine officiellement déclarée, l’ONU parle d’« échec pour l’humanité »


27 août 2025 - 676 vues

Gaza, 22 août 2025 – ONU Info
La famine est désormais une réalité à Gaza. Selon la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), soutenue par les Nations Unies, au moins un demi-million de personnes sont touchées par ce fléau mortel. Il s’agit de la première fois qu’une famine est officiellement déclarée au Moyen-Orient depuis la création de l’IPC il y a vingt ans.

Une crise humaine et politique

Pour le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, le constat est sans appel : « C’est une catastrophe d’origine humaine, une condamnation morale et un échec pour l’humanité ». Selon lui, la famine qui frappe Gaza n’est pas le fruit d’un manque global de nourriture, mais celui de « l’effondrement délibéré des systèmes nécessaires à la survie humaine ».

Les agences onusiennes – UNICEF, OMS, PAM et FAO – réclament un cessez-le-feu immédiat et un accès humanitaire sans entrave, alors que des centaines de milliers de Gazaouis passent régulièrement plusieurs jours sans rien manger.

Des chiffres alarmants

  • 500 000 personnes sont déjà en situation de famine (phase 5 IPC).

  • D’ici fin septembre, ce chiffre pourrait grimper à 640 000 personnes.

  • Plus d’un million seront en situation d’urgence alimentaire (phase 4).

  • 43 400 enfants risquent de mourir de malnutrition d’ici mi-2026.

  • 98 % des terres cultivées de Gaza sont détruites ou inaccessibles.

Les enfants et les femmes enceintes sont les plus touchés. En juillet, plus de 12 000 enfants souffraient de malnutrition aiguë – un record. Un bébé sur cinq naît prématurément ou avec un poids insuffisant.

Des obligations internationales ignorées

Le chef de l’ONU rappelle qu’Israël, en tant que puissance occupante, est tenu par le droit international d’assurer l’approvisionnement en nourriture et en médicaments. Le Haut-Commissaire aux droits humains, Volker Türk, va plus loin : si la famine est bien la conséquence directe de la politique israélienne, elle pourrait constituer un crime de guerre.

« Une famine du XXIe siècle »

Pour Tom Fletcher, responsable humanitaire des Nations Unies, cette tragédie aurait pu être évitée : « C’est une famine du XXIe siècle, surveillée par des drones et la technologie militaire la plus avancée de l’histoire. La nourriture est là, à quelques centaines de mètres, mais bloquée aux frontières. »


Ce drame humanitaire place la communauté internationale face à ses responsabilités. Comme le résume António Guterres : « Il n’y a plus d’excuses. Ce n’est pas demain qu’il faut agir, c’est maintenant. »

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