Ordre des médecins : après le rapport de l’IGF, le CNOM contre-attaque et défend son rôle de régulateur


12 juin 2026 - 122 vues

Un débat national s’ouvre sur l’avenir de l’Ordre des médecins

CAYENNE, le 5 juin 2026 – Le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), rendu public au début du mois de juin, continue de susciter de vives réactions au sein du monde médical. Alors que les inspecteurs dénoncent des dysfonctionnements financiers, organisationnels et disciplinaires au sein de l’Ordre des médecins, le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) a répondu avec fermeté en contestant les conclusions du document et en défendant son rôle essentiel dans la régulation de la profession médicale.

Un rapport sévère sur la gestion de l’institution

Dans son rapport de mars 2026, l’IGF pointe une gestion financière jugée insuffisamment maîtrisée. Les inspecteurs relèvent notamment une forte hausse des dépenses, des irrégularités dans certains achats, des indemnités et remboursements insuffisamment justifiés ainsi qu’une gouvernance nécessitant davantage de transparence.

L’Inspection générale des finances estime également que l’Ordre doit renforcer son efficacité dans le contrôle des conditions d’exercice des médecins et dans le traitement des plaintes disciplinaires. Elle recommande une réforme profonde de l’organisation ordinale afin de recentrer son action sur la protection des patients.

Parmi les pistes évoquées figurent une réorganisation de la gouvernance, un renforcement des contrôles internes et une réflexion sur l’architecture globale des ordres professionnels de santé.

Le CNOM dénonce une vision « déconnectée de la réalité »

Face à ces critiques, le Conseil national de l’Ordre des médecins a publié un communiqué le 5 juin 2026 dans lequel il rejette les conclusions de l’IGF. L’institution considère que le rapport présente une « lecture à charge » et ne tient pas compte des réformes déjà engagées ces dernières années, notamment depuis juin 2025.

Le CNOM estime également que certaines propositions avancées, notamment l’idée d’une fusion ou d’une suppression des ordres professionnels, sont déconnectées des réalités du terrain et n’ont fait l’objet d’aucune étude d’impact préalable. Selon l’Ordre, une telle évolution risquerait d’affaiblir la proximité entre les médecins, les patients et les territoires.

La défense du modèle territorial

Dans sa réponse, le CNOM rappelle que son organisation repose sur trois niveaux complémentaires : départemental, régional et national. Ce maillage territorial permet selon lui d’accompagner les médecins, de traiter les situations locales et d’assurer une régulation adaptée aux spécificités de chaque territoire.

L’institution insiste sur le fait que la régulation par les pairs constitue une garantie pour les patients, en conciliant expertise médicale, déontologie et connaissance des réalités de terrain.

Des enjeux importants pour la Guyane

En Guyane, où les problématiques d’accès aux soins, d’attractivité médicale et de démographie des professionnels de santé demeurent particulièrement sensibles, ce débat revêt une importance particulière.

Les conseils ordinaux jouent un rôle essentiel dans l’accompagnement des médecins, l’inscription au tableau, la gestion des litiges déontologiques et le dialogue avec les institutions sanitaires. Toute réforme de leur organisation pourrait donc avoir des conséquences directes sur le fonctionnement du système de santé local.

Entre modernisation et maintien de la proximité

Si les deux parties s’accordent sur la nécessité de poursuivre la modernisation de l’institution, elles divergent profondément sur les moyens à mettre en œuvre.

L’IGF plaide pour un renforcement des contrôles, une meilleure maîtrise des dépenses et une transformation structurelle de l’organisation. Le CNOM, de son côté, affirme avoir déjà engagé ce processus de modernisation tout en défendant le maintien d’une gouvernance de proximité au service des médecins et des patients.
Le débat est désormais lancé et pourrait alimenter de futures évolutions législatives concernant la gouvernance des professions de santé en France.

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