30 août 2026 - 136 vues
Une accélération inhabituelle des départs à la retraite est actuellement observée chez les médecins libéraux en France, à quelques mois de l’entrée en vigueur de la réforme du cumul emploi-retraite prévue pour le 1er janvier 2027.
Selon les chiffres communiqués par la Caisse autonome de retraite des médecins de France, la CARMF, plus de 1 400 médecins libéraux ont demandé à prendre leur retraite au 1er octobre 2026.
Un niveau particulièrement élevé.
Habituellement, entre 800 et 850 médecins environ liquident leur retraite sur une période comparable.
La CARMF estime ainsi que près de 1 850 praticiens pourraient avoir liquidé leurs droits avant le 1er janvier 2027.
Pourquoi ces médecins avancent-ils leur retraite ?
La principale raison tient à la réforme du cumul emploi-retraite.
À partir du 1er janvier 2027, les conditions permettant de percevoir une pension de retraite tout en poursuivant une activité professionnelle vont devenir nettement plus restrictives avant l’âge de 67 ans.
Certains médecins choisissent donc de liquider leurs droits avant l’entrée en vigueur de la réforme afin de rester soumis aux règles actuellement applicables, tout en envisageant parfois de poursuivre leur activité médicale.
Une décision essentiellement administrative qui pourrait cependant avoir des conséquences importantes sur l’organisation de l’offre de soins.
Les infirmiers libéraux également concernés
La réforme ne concerne pas uniquement les médecins.
Les infirmières et infirmiers libéraux, notamment ceux affiliés à la CARPIMKO, sont eux aussi concernés par les nouvelles règles du cumul emploi-retraite.
Avant l’âge légal de départ à la retraite, les revenus issus de la poursuite d’une activité professionnelle pourront venir réduire la pension dès le premier euro.
Entre l’âge légal de départ et 67 ans, un cumul restera possible, mais dans des conditions beaucoup plus encadrées.
Pour les professionnels relevant de la CARPIMKO, un seuil d’environ 7 000 euros brut de revenus professionnels annuels est actuellement envisagé.
Au-delà de ce seuil, la pension pourrait être diminuée à hauteur de 50 % du dépassement.
Ce montant doit toutefois encore être précisé définitivement par les textes réglementaires et les décrets d’application.
À partir de 67 ans, le cumul intégral entre pension de retraite et revenus professionnels doit en revanche rester possible.
Une différence importante entre médecins et infirmiers
Chez les médecins, les chiffres de la CARMF montrent déjà une accélération très importante des demandes de liquidation de retraite avant 2027.
En revanche, à ce jour, il n’existe pas de données officielles comparables permettant d’affirmer qu’une vague massive de départs anticipés touche également les infirmières et infirmiers libéraux.
Il convient donc de distinguer les deux situations.
Les infirmiers libéraux sont bien concernés par la réforme, mais il serait prématuré d’affirmer qu’ils anticipent massivement leur retraite dans les mêmes proportions que les médecins.
En Guyane, une réforme à surveiller de très près
Cette réforme prend une dimension particulière en Guyane, où les difficultés d’accès aux soins sont déjà importantes dans plusieurs secteurs du territoire.
Médecins généralistes, spécialistes et infirmiers libéraux jouent un rôle essentiel dans la continuité des soins.
Les infirmières et infirmiers libéraux sont notamment indispensables pour les soins à domicile, le suivi des personnes âgées, des patients atteints de maladies chroniques, les pansements, les traitements injectables ou encore l’accompagnement des patients après leur sortie de l’hôpital.
Dans certaines communes ou certains secteurs éloignés des grands centres urbains, la présence de quelques professionnels supplémentaires peut faire une différence considérable.
Le maintien en activité des médecins et infirmiers expérimentés constitue donc un véritable enjeu de santé publique.
Si les nouvelles règles du cumul emploi-retraite conduisent certains professionnels proches de la retraite à réduire ou à arrêter leur activité plus tôt qu’ils ne l’auraient souhaité, les conséquences pourraient être particulièrement sensibles dans les territoires déjà confrontés à une démographie médicale et paramédicale fragile.
Un enjeu qui dépasse la question des retraites
Derrière cette réforme se pose finalement une question plus large :
comment encourager des professionnels de santé expérimentés à continuer d’exercer quelques années supplémentaires dans les territoires où leur présence reste indispensable ?
Le débat sur le cumul emploi-retraite dépasse ainsi largement la seule question financière.
Il touche directement à l’accès aux soins, à la continuité des prises en charge et à l’avenir de la démographie médicale et paramédicale.
En Guyane, où chaque professionnel de santé compte, les effets de cette réforme devront donc être suivis avec une attention particulière à partir du 1er janvier 2027.





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