Guyane : la révolution silencieuse de la voiture électrique


20 août 2025 - 691 vues

Imaginez une Guyane où l’on roule sans bruit, sans fumée et presque sans pollution. Ce scénario n’est pas de la science-fiction : il fait partie des perspectives dessinées par une étude commandée par la DEAL Guyane et réalisée par AJBD et INGEKO-Energies en 2018

Pourquoi changer ?

Aujourd’hui, près de 60 % de l’énergie consommée en Guyane vient des transports, selon le rapport. Cela rend le territoire extrêmement dépendant du diesel et de l’essence importés. Les voitures rejettent du CO₂ et des particules qui dégradent l’air, en particulier dans les grandes agglomérations comme Cayenne.

Mais la Guyane a de sérieux atouts pour réussir le virage électrique :

  • 90 % des trajets font moins de 100 km, parfaitement adaptés à l’autonomie des véhicules électriques.

  • La population est jeune et en forte croissance, donc un futur marché dynamique.

  • Les énergies renouvelables progressent déjà, avec l’hydroélectricité et le solaire en tête.

Le défi : l’électricité

D’après l’étude, le réseau guyanais reste fragile, surtout dans l’intérieur où certains bourgs fonctionnent encore avec de petits groupes électrogènes au diesel. Recharger massivement des voitures sans adapter le réseau serait risqué.

Les experts recommandent donc un déploiement progressif :

  • Priorité à l’axe Cayenne–Saint-Laurent du Maroni pour les bornes de recharge publiques.

  • Solutions hybrides (solaire + batteries, mini-centrales hydrauliques) pour les sites isolés.

Qui doit montrer l’exemple ?

Toujours selon le rapport, la transition pourrait commencer par les flottes captives : administrations, taxis, bus scolaires ou entreprises. Ces usages réguliers et prévisibles faciliteraient l’installation de bornes adaptées.

Des expérimentations sont aussi envisagées pour les pirogues électriques sur le Maroni ou le transport collectif à Maripa-Soula.

Santé, budget et autonomie

Rouler électrique, c’est moins de bruit, moins de fumée, moins de CO₂. C’est aussi moins cher qu’un plein de gazole. Et à long terme, c’est un pas vers l’autonomie énergétique de la Guyane en 2030, objectif inscrit dans la Loi de Transition Énergétique et rappelé par l’étude.

Un choix de société

La question n’est pas seulement technologique : c’est un choix collectif. Moins dépendre des bateaux pétroliers, mieux respirer dans nos villes, et valoriser nos propres énergies.

D’ici dix ans, la RN1 fera-t-elle encore vibrer les moteurs diesel… ou seulement le souffle discret des voitures électriques ?


À retenir : ce que dit l’étude officielle

Selon l’Étude d’opportunité du déploiement des véhicules électriques et hybrides en Guyane (AJBD & INGEKO-Energies, pour la DEAL Guyane, 2018)

  • Un parc encore faible : une cinquantaine de véhicules électriques seulement en 2017.

  • Un fort potentiel : 90 % des trajets sont inférieurs à 100 km, parfaitement adaptés à l’électrique.

  • Un réseau fragile : la recharge doit être planifiée pour éviter les coupures et privilégier l’énergie solaire.

  • Priorité aux flottes captives (administrations, entreprises, transport scolaire) pour amorcer la transition.

  • Un enjeu stratégique : réduire la dépendance aux carburants importés et atteindre l’autonomie énergétique en 2030.

« En Guyane, les ambitions d’autonomie énergétique et le développement des énergies renouvelables laissent présager un fort intérêt pour le déploiement des véhicules électriques » (Rapport AJBD & INGEKO-Energies, 2018).

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